Je parts de l’intention d’entretenir une certaine sensation en regardant le paysage que j'ai créé. Ce lien est provoqué par l’attention suffisante, à ce que je dispose sur la toile, tout au long du processus. Cette sensation, par l'espace imaginé, me ramène à la nature.

 

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Mes peintures sont réalisées dans le but de revivre une sensation expérimentée dans la nature.

Je peins des paysages imaginaires où les détails qui permettraient de reconnaître des plantes, ou des lieux sont absents.

Je privilégie la dynamique du trait et de la couleur, pour exprimer la vitalité du végétal et du paysage naturel. Les formes et les couleurs s’entremêlent, se fractionnent, se prolongent, et se confondent.

Il n’y a pas de perspective classique, avec un point de fuite précis; c’est la juxtaposition des formes et des couleurs qui permet d’ouvrir l’espace.

La confusion qui en résulte, cette impossibilité d’identifier un élément ou un lieu qui composerait le paysage, ramène ainsi au corps.

Parce que les repères y sont incertains, le paysage ne peut être regardé que dans sa globalité. Et c’est nécessairement la présence physique du spectateur, la position de son corps devant l’image et à l’instant ou il la regarde, qui sert d’appui pour activer le paysage.

 

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"...il y a paysage quand du pays se laisse rencontrer. Il y a paysage, autrement dit, quand un relationnel s'établit (se rétablit) avec le monde qui me fait revenir en amont - trouve sa source en deçà - de celui qu'établit la raison connaissante; et que le lieu soudain devient un "lien".

François Jullien.

 

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"La ligne de partage entre ces deux sortes d’œuvres, dont les unes excluent et dont les autres impliquent le vide et l'évènement, est celle-là même qui, à un niveau supérieur de réalisation, sépare l'ensemble de la peinture occidentale depuis le Trecento et l'ensemble de la peinture chinoise depuis le 13ème siècle. " "En chine, écrit Pierre Ryckmans, le concept central de la critique est, en peinture, le "xu", le vide, c'est-à-dire ces plages blanches laissées à l'imagination. La partie peinte, moins importante que les parties vides, tend à n'être en quelque sorte que le support de celles-ci, l'auxiliaire qui guide l’œil et l'amène jusqu'à ce seuil essentiel du vide, où c'est l'esprit qui prend le relais de l’œil ... . L'idéal pictural est... dans la litote, l'ellipse, le fragmentaire: l'objet est délibérément coupé de son contexte pour mieux dépouiller sa matérialité vulgaire ; la montagne n'est entrevue qu'entre deux bancs de brume, la fleur ou le fruit a été arraché de sa branche et jeté, insolite, dans le vide de la page blanche où, libre de toute anecdote il devient un signe abstrait"".

 

Henri Maldiney. ouvrir le rien l'art nu

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