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Musée Marmottan Monet - Paris

Berthe Morisot, née le 14 janvier 1841 à Bourges et morte le 2 mars 1895 à Paris, est une artiste peintre française, cofondatrice et doyenne du mouvement d'avant-garde que fut l'impressionnisme. Au sein du groupe impressionniste, elle suscite l'admiration et le respect de ses pairs.

 

Bois de Boulogne (1893)

Huile sur Toile

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Website : GALERIE JUGUET

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Website : MÉMOIRE DES PIERRES

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Quelques repères utiles :

 

Artiste : Berthe Morisot (1841-1895), figure majeure de l’impressionnisme et l’une des rares femmes du groupe aux côtés de Monet, Renoir, Degas, Pissarro, etc.

 

Sujet : Le Bois de Boulogne, vaste parc parisien très fréquenté par l’aristocratie et la bourgeoisie au XIXᵉ siècle, lieu de promenade, de rencontres et de loisirs.

 

Date : 1893, donc dans les dernières années de la vie de l’artiste, période où son style gagne en liberté et en spontanéité.

 

Style : touche rapide, palette claire, impression fugitive du paysage et de la vie mondaine, avec une sensibilité très personnelle, centrée sur l’intime et l’éphémère.

 

Conservation : le tableau appartient au Musée Marmottan Monet, qui détient la plus importante collection au monde de Berthe Morisot (plus de 80 œuvres offertes par sa fille Julie Manet).

 

Composition — ce que l’œil voit

 

La toile adopte un format horizontal relativement bas (50 × 61 cm) qui ouvre l’espace : la ou les figures au premier plan sont isolées sur une bande d’herbe ou d’allée, tandis qu’un arrière-plan végétal et des silhouettes floues créent une profondeur atmosphérique. La ou les figures (une femme vêtu[e] de tons sombres, accompagnée d’un petit chien, selon la photo d’archive) restent nettement lisibles mais « cernées » par la touche ; leur présence humaine devient le point d’ancrage dans un paysage rendu par touches fugaces. L’équilibre joue sur le contraste entre la verticale (la silhouette, éventuellement le tronc d’arbre) et l’horizontalité du paysage, ce qui accentue l’idée d’un instant saisi lors d’une promenade. (Observation visuelle, d’après la reproduction et la notice du musée).

 

Couleur et touche technique et effet optique

 

Morisot emploie ici une palette plutôt délicate et « argentée » : verts amincis, bleus pâles et beige-rosés se fondent dans des blancs atténués — tandis que la figure en vêtement sombre fait office de contrepoint. La peinture repose sur des coups de pinceau rapides, courts et superposés : la touche n’est pas un lissage mais une construction de la matière lumineuse (feuilletée), qui laisse transparaître à la fois la couleur et le support. Les critiques et notices modernes soulignent cette virtuosité de la touche et la prédilection de Morisot pour des blancs très travaillés et des reflets subtils — procédé qui fait scintiller ses scènes en plein air.

 

Thèmes modernité, genre et intimité

 

Le Bois de Boulogne est un motif récurrent chez les impressionnistes (lieu de promenade mondaine) et Morisot s’y est rendue à plusieurs reprises ; pourtant, sa vision reste ambivalente : la scène publique (promenade, visibilité) est traitée avec une grande pudeur les femmes qu’elle peint paraissent souvent introspectives, plus « intériorisées » que spectaculaires. Dans les années 1890 Morisot multiplie par ailleurs les images de sa fille Julie et de jeunes femmes, et les commentateurs lisent dans ces œuvres une attention au monde féminin bourgeois, à la solitude et à la mélancolie intime autant qu’à la mode et au loisir.

 

Place de cette toile dans son œuvre (1893 : une période charnière)

 

Datée de 1893, la toile appartient aux dernières années de Morisot (elle meurt en 1895). Après le décès d’Eugène Manet en 1892, les historiens notent chez elle une tonalité parfois plus expressive et introspective une évolution qui se lit dans la facture plus lâchée et dans certains choix chromatiques de ses œuvres tardives. Le Bois de Boulogne (1893) illustre cette double continuité : même sujet (le parc, déjà fréquent dans les années 1870–80 chez Morisot) mais évolution stylistique vers une touche plus respirée et une gravité subtile propre à la fin de sa carrière. Le Musée Marmottan, qui possède la plus vaste collection publique de Morisot, situe bien ce tableau dans l’ensemble familial et posthume qui a façonné la réception de l’artiste.

 

Lecture synthétique (interprétation)

 

Sur ce petit format, Morisot fait coexister vie publique et vie intérieure : la composition éloigne le sujet du spectateur juste assez pour préserver son mystère, tandis que la touche « effilochée » transforme la promenade en vibration de lumière et d’air. Le costume sombre et la solitude relative de la figure peuvent suggérer une retenue, voire une gravité, sans que l’image ne verse dans le pathos — l’émotion reste contenue dans la facture picturale elle-même. Au fond, cette toile illustre très bien ce par quoi Morisot se distingue dans l’Impressionnisme : une réinvention de la modernité par le prisme féminin et la manière subtile plutôt que par l’ostentation spectaculaire.

 

CES PHOTOS NE SONT PAS À VENDRE ET NE PEUVENT PAS ÊTRE REPRODUITES, MODIFIÉES, REDIFFUSÉES, EXPLOITÉES COMMERCIALEMENT OU RÉUTILISÉES DE QUELQUE MANIÈRE QUE CE SOIT.

UNIQUEMENT POUR LE PLAISIR DES YEUX.

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Uploaded on September 9, 2025