Ces petits rien qu'on garde en mémoire...
La douleur.
La douleur immémoriale de l'être qui souffre en permanence. A ne pas savoir quoi dire, quoi faire. A ne même plus être en mesure de faire un câlin à l'être aimé... Un câlin comme ça, pour rien, en pure empathie, par simple humanité.
Les douleurs dans le corps. Les douleurs partout, dans le ventre, dans les muscles du dos, dans les bras, dans la tête, dans la gorge. Les douleurs dans les doigts qui ne sont plus qu'une plaie, rongés pauvre doigts par tant d'années où le cerveau a décidé qu'ils payeraient, misérables finger, pour ses propres errements.
La maladie. La maladie qui s'immisce mais dont on a pas compris au début qu'elle en était une. Fichue saloperie. La maladie dont on trouve enfin le nom, comme s'il était fondamental de la nommer pour pouvoir au moins la combattre... "Pierrot lunaire tenté par les pôles" a dit le médecin. Diagnostique confirmé par un ami : "tu es la seule personne au monde capable de commencer sept conversations et de finir par toutes les achever sans perdre le fil... Mais c'est quand même assez épuisant à la fin."
Le cerveau dans son coin, pauvre feignasse, qui feint de ne pas croire à l'existence de la maladie. Le cerveau qui trompe son monde, ce chafouin et vit comme si de rien était. Ah le bel illusionniste qui s'envole dans les cieux du cirque électrique à coup de substance plus ou moins prohibées.
Et le lendemain, la descente, le corps qui paye pour les excentricités de ce sale petit Lord de la conscience.
Toi. Le lourd tribut que ce fut pour toi. Toi à qui j'ai dû virer quelques illusions, ôter un peu de la jeunesse, à force de tendre tout mon être vers son seul salut. Toi que j'ai maltraité, digéré, usé en continuant de distiller mes relents de sucs gastriques vers des pulsions non répertoriées au chapitre des "petits rien qu'on garde en mémoire"... Des pulsions d'insatisfaction, des litres de conneries méchantes, des kilomètres de biles épaisses... En attendant la pluie. Sorte de cascade des peines accumulées.
Les larmes donc. Les larmes qui toujours réussissent à déverser leur flot, en même temps que fatalement, elles raccourcissent la vie du pleureur. Mazette, ce que j'ai pu te faire pleurer. N'y voit pas satisfaction de ma part. Je t'ai fait pleurer car il y a dans mes tréfonds un monstre immobile. Il aurait pu se contenter de rester un monstre pépère, l'imbécile mais il a décidé de réagir autrement. Non content d'être dans son rôle de monstre, il exerce ses activités en jean-foutre, par intermittence... C'est un monstre dans l'air du temps, qui veut quand même profiter de ses 3 jours de RTT par semaine. Dès lors, il est toujours plus difficile à isoler. "Mais non, dirait des âmes charitable, ce monstre n'en est pas un, d'ailleurs parfois, il a une gueule d'ange"...
Illusion ! Il est bien temps de tuer le monstre en même temps que ses artifices ! D'ailleurs, il devrait bien y avoir dans sa caverne quelques potion dont le sortilège ne soit pas trop dramatique...
En attendant... Avant de les dévoiler... La souffrance. La souffrance différente de la douleur car elle instille enfin dans la mixture de bonnes pensées à côté des plus néfastes. La souffrance qui vient toujours avec des mots qu'il est utile de coucher puis de jeter à la face de de la terre entière comme pour se garantir de leur efficacité. Oh le charivari... Putain ce que ça fait mal d'écrire ! La souffrance qui s'engorge dans le cerveau. Une myriade d'émotions incontrôlées. Des fleuves de larmes qui s'annoncent. Et le cerveau qui bouge enfin, sort de sa léthargie afin de faire face. Pas trop tôt diraient les spectateurs (ils commençaient à s'endormir). Le cerveau se souvient qu'il fut étudiant, diplômé des arts et métiers. Et le voilà qui élabore une stratégie... S'affaire pour construire digues et barrages, détourne les fleuves, les fait se rencontrer pour ne plus constituer qu'un seule voie avec ses milliards de litres de chagrin... en mouvement mais canalisée... Une voie qui s'écoule plus lentement vers une issue qui se nommera méandre et dont on comprendra à la fin du film qu'elle est appelée à devenir un merveilleux Delta. Un Lieu empli de vie... Certes Il y subsistera encore quelques oiseaux de malheur affligés de larmes de crocodiles... Mais en progressant dans le Delta on se sentira très vite comme un poisson dans l'eau à faire le singe au milieu d'une mangrove primordiale. Alors, la mémoire (qui a pris le relai du cerveau) pourra nous faire goûter son filtre magique... ne dit-on pas que l'amour toujours survit dans la mémoire ?
Un zeste de nostalgie. Le sable que tes pas foulent le long d'une ria de Bretagne. Ton blouson de cuir rouge. Une robe courte que tu lèves sur tes bas, bohémienne... et le chien dont le nom seul permet de parcourir le globe qui gambade à tes côtés, aboie, joue, saute avant de piquer un sprint vers l'océan. La ville close... Toute l'austérité des malouins... Un drapeau qui flotte dans le lointain et tes cheveux dans le vent qui finissent par se mêler aux miens. La Place du palais bourbon. Un sourire. Un babillage de fille et le baiser nouvelle vague en apothéose d'un film en Noir et blanc... Toujours des temps d'insouciance... Le bar de l'hôtel de la plage... un petit verre et puis s'en va... Là, c'est en technicolor... Et ton visage, tes lèvres, tes yeux, sont tout entier tournés vers seul truc qui vaille qu'on le retienne : l'exercice du bonheur... Bien sûr, ça ne s'apprend pas le bonheur... Et évidemment, j'écris cela en larme... Parce que ça se cultive le bonheur. Mais que faire quand on a pas l'âme d'un jardinier ?
Mais à la fin, à la toute fin... même si certain, à mon image, seront en manque constant de bonheur... Il restera toujours ces petits rien. Ces tout petits rien que l'on garde en mémoire. Jusqu'à la fin des temps... et sans doute beaucoup plus. Du moins s'il s'avère que la matière noire en suspension dans l'espace n'est qu'une histoire pour faire peur aux enfants...
Ces petits rien qu'on garde en mémoire...
La douleur.
La douleur immémoriale de l'être qui souffre en permanence. A ne pas savoir quoi dire, quoi faire. A ne même plus être en mesure de faire un câlin à l'être aimé... Un câlin comme ça, pour rien, en pure empathie, par simple humanité.
Les douleurs dans le corps. Les douleurs partout, dans le ventre, dans les muscles du dos, dans les bras, dans la tête, dans la gorge. Les douleurs dans les doigts qui ne sont plus qu'une plaie, rongés pauvre doigts par tant d'années où le cerveau a décidé qu'ils payeraient, misérables finger, pour ses propres errements.
La maladie. La maladie qui s'immisce mais dont on a pas compris au début qu'elle en était une. Fichue saloperie. La maladie dont on trouve enfin le nom, comme s'il était fondamental de la nommer pour pouvoir au moins la combattre... "Pierrot lunaire tenté par les pôles" a dit le médecin. Diagnostique confirmé par un ami : "tu es la seule personne au monde capable de commencer sept conversations et de finir par toutes les achever sans perdre le fil... Mais c'est quand même assez épuisant à la fin."
Le cerveau dans son coin, pauvre feignasse, qui feint de ne pas croire à l'existence de la maladie. Le cerveau qui trompe son monde, ce chafouin et vit comme si de rien était. Ah le bel illusionniste qui s'envole dans les cieux du cirque électrique à coup de substance plus ou moins prohibées.
Et le lendemain, la descente, le corps qui paye pour les excentricités de ce sale petit Lord de la conscience.
Toi. Le lourd tribut que ce fut pour toi. Toi à qui j'ai dû virer quelques illusions, ôter un peu de la jeunesse, à force de tendre tout mon être vers son seul salut. Toi que j'ai maltraité, digéré, usé en continuant de distiller mes relents de sucs gastriques vers des pulsions non répertoriées au chapitre des "petits rien qu'on garde en mémoire"... Des pulsions d'insatisfaction, des litres de conneries méchantes, des kilomètres de biles épaisses... En attendant la pluie. Sorte de cascade des peines accumulées.
Les larmes donc. Les larmes qui toujours réussissent à déverser leur flot, en même temps que fatalement, elles raccourcissent la vie du pleureur. Mazette, ce que j'ai pu te faire pleurer. N'y voit pas satisfaction de ma part. Je t'ai fait pleurer car il y a dans mes tréfonds un monstre immobile. Il aurait pu se contenter de rester un monstre pépère, l'imbécile mais il a décidé de réagir autrement. Non content d'être dans son rôle de monstre, il exerce ses activités en jean-foutre, par intermittence... C'est un monstre dans l'air du temps, qui veut quand même profiter de ses 3 jours de RTT par semaine. Dès lors, il est toujours plus difficile à isoler. "Mais non, dirait des âmes charitable, ce monstre n'en est pas un, d'ailleurs parfois, il a une gueule d'ange"...
Illusion ! Il est bien temps de tuer le monstre en même temps que ses artifices ! D'ailleurs, il devrait bien y avoir dans sa caverne quelques potion dont le sortilège ne soit pas trop dramatique...
En attendant... Avant de les dévoiler... La souffrance. La souffrance différente de la douleur car elle instille enfin dans la mixture de bonnes pensées à côté des plus néfastes. La souffrance qui vient toujours avec des mots qu'il est utile de coucher puis de jeter à la face de de la terre entière comme pour se garantir de leur efficacité. Oh le charivari... Putain ce que ça fait mal d'écrire ! La souffrance qui s'engorge dans le cerveau. Une myriade d'émotions incontrôlées. Des fleuves de larmes qui s'annoncent. Et le cerveau qui bouge enfin, sort de sa léthargie afin de faire face. Pas trop tôt diraient les spectateurs (ils commençaient à s'endormir). Le cerveau se souvient qu'il fut étudiant, diplômé des arts et métiers. Et le voilà qui élabore une stratégie... S'affaire pour construire digues et barrages, détourne les fleuves, les fait se rencontrer pour ne plus constituer qu'un seule voie avec ses milliards de litres de chagrin... en mouvement mais canalisée... Une voie qui s'écoule plus lentement vers une issue qui se nommera méandre et dont on comprendra à la fin du film qu'elle est appelée à devenir un merveilleux Delta. Un Lieu empli de vie... Certes Il y subsistera encore quelques oiseaux de malheur affligés de larmes de crocodiles... Mais en progressant dans le Delta on se sentira très vite comme un poisson dans l'eau à faire le singe au milieu d'une mangrove primordiale. Alors, la mémoire (qui a pris le relai du cerveau) pourra nous faire goûter son filtre magique... ne dit-on pas que l'amour toujours survit dans la mémoire ?
Un zeste de nostalgie. Le sable que tes pas foulent le long d'une ria de Bretagne. Ton blouson de cuir rouge. Une robe courte que tu lèves sur tes bas, bohémienne... et le chien dont le nom seul permet de parcourir le globe qui gambade à tes côtés, aboie, joue, saute avant de piquer un sprint vers l'océan. La ville close... Toute l'austérité des malouins... Un drapeau qui flotte dans le lointain et tes cheveux dans le vent qui finissent par se mêler aux miens. La Place du palais bourbon. Un sourire. Un babillage de fille et le baiser nouvelle vague en apothéose d'un film en Noir et blanc... Toujours des temps d'insouciance... Le bar de l'hôtel de la plage... un petit verre et puis s'en va... Là, c'est en technicolor... Et ton visage, tes lèvres, tes yeux, sont tout entier tournés vers seul truc qui vaille qu'on le retienne : l'exercice du bonheur... Bien sûr, ça ne s'apprend pas le bonheur... Et évidemment, j'écris cela en larme... Parce que ça se cultive le bonheur. Mais que faire quand on a pas l'âme d'un jardinier ?
Mais à la fin, à la toute fin... même si certain, à mon image, seront en manque constant de bonheur... Il restera toujours ces petits rien. Ces tout petits rien que l'on garde en mémoire. Jusqu'à la fin des temps... et sans doute beaucoup plus. Du moins s'il s'avère que la matière noire en suspension dans l'espace n'est qu'une histoire pour faire peur aux enfants...