La tour Rabelais Saint Maur 94
tour Rabelais, à laquelle ne manque que la toiture, a été classée Monument historique en 1924 ainsi que les murailles partiellement conservées entre la tour et l’ancienne poterne d’entrée de l’abbaye (impasse de l’abbaye). On y remarque deux archères-canonnières, parmi les plus anciennes connues. La tour comporte trois étages, dont un est souterrain. Au rez-de-chaussée sont visibles des graffiti, dont une frise de personnages du XVesiècle et les armes de l’abbaye.
Moine cordelier puis bénédictin en rupture de ban, Rabelais accompagne à Rome l’évêque Jean du Bellay, ambassadeur de François 1er, en 1534. Il obtient du pape l’absolution et l’autorisation de rentrer dans un monastère bénédictin. Jean du Bellay le reçoit comme moine de Saint-Maur-des-Fossés le 11 février 1536, dans le but de le faire rentrer parmi les chanoines de l’abbaye sécularisée. Au témoignage de Thomas Corneille, Rabelais a vécu dans l’ancien logis abbatial ou chantrerie qui se trouvait à l’emplacement de la maison de retraite de l’abbaye. Mais il n’obtient pas sa dispense pour passer chanoine séculier et ne reviendra à Saint-Maur qu’en 1551, où il achève la rédaction de son Quart Livre au château construit par Philibert Delorme pour Jean du Bellay, célébrant ses jardins pour leurs « honnestes plaisirs d’agriculture et de vie rustique ». Il n’a jamais logé dans l’ancienne tour d’enceinte de l’abbaye appelée tour Rabelais, qui a reçu ce nom en sa mémoire dans les années 1930.
Pierre GILLON
Des milliers de pèlerins accouraient jadis à Saint-Maur pour soigner leurs maux.
On a peine à le croire: Saint-Maur fut au Moyen Age l'un des premiers lieux de pèlerinage de France. Au commencement était une abbaye fondée en 639, par la reine Nanthilde (mère de Clovis II), sur une butte entourée d'un fossé. Dédiée à la Vierge et aux apôtres Pierre et Paul, elle prend le nom de "Saint-Pierre-du-Fossé". Le monastère possède de vastes domaines jusqu'à Paris, Chartres et Meaux et jouit d'une grande notoriété. En 868, on y dépose les reliques de saint Maur pour mettre ce moine faiseur de miracles, mort trois siècles plus tôt, à l'abri des pillages des Normands.
Le premier prodige a lieu en 1137. Pour mettre fin à la sécheresse qui frappe la cité, le clergé fait porter en procession le corps du saint et... la pluie se met à tomber. Cela suffit à forger la réputation du lieu. Pendant des siècles, des foules de pèlerins - parmi lesquels Philippe Auguste et Charles V - venues de toute l'Europe se pressent dans la ville, rebaptisée en 1281 "Saint-Maur-des-Fossés", pour y guérir de la goutte, de rhumatismes ou de l'épilepsie. Les uns après les autres, les malades devaient seulement répéter trois fois leur prière, et pour chacun d'eux l'on criait: "Miracle! Miracle!"
La bâtisse sera rachetée par Catherine de Médicis
Un vrai village fortifié se développe autour du domaine abbatial. Sa prospérité va encore croître en 1543, quand Jean Du Bellay (parent du poète) fait construire sur la colline un château où se presse le Tout-Paris. La bâtisse sera rachetée, peu après, par Catherine de Médicis.
De l'abbaye et du château, démolis tous deux au xviiie siècle, il ne reste aujourd'hui que quelques vestiges. Parmi eux, la tour Rabelais, ainsi nommée parce que l'écrivain (qui fut aussi le médecin de Jean Du Bellay) venait y chercher l'inspiration.
La tour Rabelais Saint Maur 94
tour Rabelais, à laquelle ne manque que la toiture, a été classée Monument historique en 1924 ainsi que les murailles partiellement conservées entre la tour et l’ancienne poterne d’entrée de l’abbaye (impasse de l’abbaye). On y remarque deux archères-canonnières, parmi les plus anciennes connues. La tour comporte trois étages, dont un est souterrain. Au rez-de-chaussée sont visibles des graffiti, dont une frise de personnages du XVesiècle et les armes de l’abbaye.
Moine cordelier puis bénédictin en rupture de ban, Rabelais accompagne à Rome l’évêque Jean du Bellay, ambassadeur de François 1er, en 1534. Il obtient du pape l’absolution et l’autorisation de rentrer dans un monastère bénédictin. Jean du Bellay le reçoit comme moine de Saint-Maur-des-Fossés le 11 février 1536, dans le but de le faire rentrer parmi les chanoines de l’abbaye sécularisée. Au témoignage de Thomas Corneille, Rabelais a vécu dans l’ancien logis abbatial ou chantrerie qui se trouvait à l’emplacement de la maison de retraite de l’abbaye. Mais il n’obtient pas sa dispense pour passer chanoine séculier et ne reviendra à Saint-Maur qu’en 1551, où il achève la rédaction de son Quart Livre au château construit par Philibert Delorme pour Jean du Bellay, célébrant ses jardins pour leurs « honnestes plaisirs d’agriculture et de vie rustique ». Il n’a jamais logé dans l’ancienne tour d’enceinte de l’abbaye appelée tour Rabelais, qui a reçu ce nom en sa mémoire dans les années 1930.
Pierre GILLON
Des milliers de pèlerins accouraient jadis à Saint-Maur pour soigner leurs maux.
On a peine à le croire: Saint-Maur fut au Moyen Age l'un des premiers lieux de pèlerinage de France. Au commencement était une abbaye fondée en 639, par la reine Nanthilde (mère de Clovis II), sur une butte entourée d'un fossé. Dédiée à la Vierge et aux apôtres Pierre et Paul, elle prend le nom de "Saint-Pierre-du-Fossé". Le monastère possède de vastes domaines jusqu'à Paris, Chartres et Meaux et jouit d'une grande notoriété. En 868, on y dépose les reliques de saint Maur pour mettre ce moine faiseur de miracles, mort trois siècles plus tôt, à l'abri des pillages des Normands.
Le premier prodige a lieu en 1137. Pour mettre fin à la sécheresse qui frappe la cité, le clergé fait porter en procession le corps du saint et... la pluie se met à tomber. Cela suffit à forger la réputation du lieu. Pendant des siècles, des foules de pèlerins - parmi lesquels Philippe Auguste et Charles V - venues de toute l'Europe se pressent dans la ville, rebaptisée en 1281 "Saint-Maur-des-Fossés", pour y guérir de la goutte, de rhumatismes ou de l'épilepsie. Les uns après les autres, les malades devaient seulement répéter trois fois leur prière, et pour chacun d'eux l'on criait: "Miracle! Miracle!"
La bâtisse sera rachetée par Catherine de Médicis
Un vrai village fortifié se développe autour du domaine abbatial. Sa prospérité va encore croître en 1543, quand Jean Du Bellay (parent du poète) fait construire sur la colline un château où se presse le Tout-Paris. La bâtisse sera rachetée, peu après, par Catherine de Médicis.
De l'abbaye et du château, démolis tous deux au xviiie siècle, il ne reste aujourd'hui que quelques vestiges. Parmi eux, la tour Rabelais, ainsi nommée parce que l'écrivain (qui fut aussi le médecin de Jean Du Bellay) venait y chercher l'inspiration.