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Métope Ouest du temple de Zeus à Olympie Art grec classique (du Ve au IVe siècle av. J.-C.)

Le décor du temple de Zeus, érigé à Olympie entre 472 et 456 av. J.-C., reflète l'esprit nouveau qui anime la sculpture grecque au lendemain des guerres médiques. Les métopes illustrent les douze travaux d'Héraclès, comme la capture du taureau de Crète. Le héros est représenté aux prises avec le taureau que le roi Minos avait refusé de sacrifier à Poséidon. L'homme et l'animal sont affrontés avec force dans une composition qui témoigne des recherches du style sévère alors à son apogée.

Le temple de Zeus à Olympie

Cette métope compte parmi les fragments sculptés de la frise dorique du temple de Zeus, découverts à Olympie en 1829 par les membres de l'expédition scientifique de Morée (autre nom du Péloponnèse en usage jusqu'au XIXe siècle) et offerts à la France l'année suivante par le Sénat hellénique. Le grand temple de Zeus a été édifié par l'architecte Libon d'Elis entre 472 et 456 av. J.-C. Plusieurs ateliers originaires de toute la Grèce collaborent semble-t-il à la réalisation du décor sous la tutelle du "Maître d'Olympie", qui est chargé de la conception du programme ornemental des frontons et des métopes. Ce vaste chantier constitue un terrain d'expérimentation pour les sculpteurs, ce qui en fait un véritable manifeste de l'esprit nouveau qui anime l'art grec au lendemain des guerres médiques (490-480 av. J.-C.).

Le combat d'Héraclès et du taureau de Crète

Sur les façades Est et Ouest du temple, les métopes, exécutées vers 460 av. J.-C., sont décorées de hauts-reliefs en marbre de Paros, rehaussés de polychromie rouge et d'éléments métalliques rapportés. Les reliefs illustrent la geste d'Héraclès, le fils de Zeus et le fondateur mythique des Jeux Olympiques. Les travaux accomplis par le héros apparaissent pour la première fois au nombre de douze, de la victoire sur le lion de Némée au nettoyage des Ecuries d'Augias. Cette métope, la quatrième du côté Ouest, met en scène Héraclès aux prises avec le taureau blanc que Minos, le roi de Crète, avait refusé d'immoler à Poséidon. Le dieu, vexé de cet affront, avait rendu l'animal furieux. Chargé par son cousin Eurysthée de capturer la bête, Héraclès s'exécuta : il est représenté en plein effort, le bras droit levé, prêt à assommer le taureau de sa massue, tandis qu'il lui rabat violemment la tête sur l'encolure au moyen d'une corde en métal qu'il tenait dans la main gauche.

Les recherches du style sévère

Ce relief traduit l'apogée des recherches du style sévère (480-450 av. J.-C.). Le sculpteur a habilement utilisé l'espace en construisant sa composition autour de deux diagonales inversées qui visent à rendre la violence du combat : les corps des duellistes sont ainsi croisés et les têtes des ennemis affrontées au centre du panneau. Les jeux décoratifs, nombreux à l'époque archaïque (VIe siècle av. J.-C.), ont été délaissés au profit d'une plus grande sobriété des effets. Le traitement de la figure humaine a sensiblement changé : l'anatomie masculine est plus crédible ; le visage d'Héraclès, pensif, est dépourvu désormais du sourire archaïque conventionnel et reflète les sentiments intérieurs du héros. Le mouvement du corps se libère du hiératisme de l'époque précédente grâce à la vision de trois-quarts que tente de reproduire la juxtaposition d'un visage de profil sur un buste de face. Les artistes travaillent également à l'introduction d'une certaine perspective en jouant de la profondeur des plans, du bas-relief à la ronde-bosse.

Bibliographie

Hamiaux (M.), Les sculptures grecques, I, 2e édition, Paris, 2001, p. 111 et 118, n 106

Rolley (Cl.), La sculpture grecque. 1-Des origines au milieu du Ve siècle, Paris, 1994, p. 369-370, fig. 389

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Uploaded on December 18, 2011
Taken on December 17, 2011