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Château de Mennechet Chiry Ourscamps

Diderot : « avec quel étonnement, quelle surprise je regarde cette voûte brisée, les masses surimposées à cette voûte ! Les peuples qui ont élevé ce monument, où sont – ils, que sont-ils devenus ? (…) le temps s’arrête pour celui qui admire.(…) Qu’est-ce-que mon existence éphémère, en comparaison avec celle d’un rocher qui s’affaisse(…) de ces masses suspendues au –dessus de ma tête, et qui s’ébranlent ? »

 

le goût des « ruines » jouit, dans la seconde moitié du 18e siècle, d’un engouement inconnu jusqu’alors 

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Sur ce point, il existe de nombreuses études ; on renverra tout…, si le motif ruiniste devient, par le biais de la peinture, un objet esthétique et littéraire, se dessine chez les écrivains une analogie entre paysage de ruines et solitude des lieux de retraite. Les ruines sont un lieu, imaginaire ou réel, où, à l’écart du tumulte du monde, l’individu se retrouve seul, méditant sur lui-même, le temps, la mort, la caducité des empires et des civilisations. Il semble que, de Diderot à Volney, même si elles ne sauraient être un lieu de séjour durable, elles aient pris le relais des lieux de méditation religieuse, suggérant même l’instauration d’un nouveau type de sacralité. L’inflexion n’en est pas moins accusée entre l’austérité d’une retraite dévote destinée à tourner ses regards vers Dieu, et le retrait dans un espace-temps qui, pour être marqué par la perte, est cependant propice au déploiement de rêveries mélancoliques et voluptueuses, qui peuvent servir aussi bien l’apologétique religieuse que des visions de régénération politique.

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Uploaded on June 29, 2008
Taken on May 29, 2008