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a Tour du Village, porte d’entrée du château pour les Vincennois. Avec ses 42 m de haut, son architecture et son décor sculpté d’une qualité exceptionnelle, la Tour du Village est la plus importante des 9 tours du mur d’enceinte de Charles V. C’est aussi

la Tour du Village, porte d’entrée du château pour les Vincennois. Avec ses 42 m de haut, son architecture et son décor sculpté d’une qualité exceptionnelle, la Tour du Village est la plus importante des 9 tours du mur d’enceinte de Charles V. C’est aussi la seule à subsister aujourd’hui dans son élévation d’origine et en grande partie dans sa structure.

Le nombre de ses fenêtres, la présence à ses différents étages de cheminées monumentales, l’ampleur des salles et la beauté de leurs éléments décoratifs témoignent de l’affectation de cette tour dès l’origine.

 

En effet, il ne s’agissait pas d’une simple tour-porte, lieu de passage et de guet, mais aussi et surtout d’un espace qui avait une fonction résidentielle, à l’entrée du château royal.

 

Charles V, on le sait, avait voulu faire de Vincennes, domaine fortifié aux portes de Paris, le lieu privilégié du pouvoir monarchique, à la fois siège du gouvernement et résidence d’agrément.

 

Comme l’a souligné Jean Chapelot, "La Tour du Village, d’une surface supérieure à celle du donjon", est "d’une qualité exceptionnelle et elle devait abriter au premier étage, dans un appartement d’une qualité et d’une ampleur remarquables, un personnage de premier plan"

 

La Tour du Village servait de logement au "capitaine" du château.

 

Des planchers sont venus, au fil des siècles et des aménagements successifs, couper les volumes des salles, si bien qu’aujourd’hui 4 étages, plus le rez-de-chaussée et l’entresol, se superposent dans la tour. Un ample escalier en vis logé dans la tourelle sud-ouest dessert chaque niveau. Une autre tourelle située à l’angle sud-est est vide. La présence de latrines à chaque étage confirme la fonction de résidence de la tour, outre la présence des gardes chargés du guet.

 

Les différents étages de la Tour du Village

Le rez-de-chaussée est divisé en deux parties latérales par le porche de l’entrée principale du château, faisant suite au pont dormant et au pont-levis qui permettent de franchir les fossés. Une grande arcade surmonte ce passage.

 

Au-dessus de l’entresol qui prend le jour au niveau supérieur de la voûte, se trouve la vaste salle du premier étage. Elle possède deux cheminées : l’une de dimensions monumentales, au décor sculpté de figures d’anges et d’une guirlande de feuillages, l’autre, la plus petite, sans décor. Un corridor sans issue court dans l’épaisseur du mur. Cette salle donne du côté sud sur le chemin de ronde. La porte qui en permet l’accès a été ouverte dans le mur d’une niche à mâchicoulis, dont le renforcement forme à cet endroit-là une terrasse au centre de la façade, dans l’axe de l’allée centrale du château.

 

Le deuxième étage, aménagé ultérieurement, constituait au temps de Charles V la partie sommitale de la salle du premier étage. On peut ainsi y admirer aisément les sculptures des corbeaux.

 

Au troisième étage , un corridor voûté, creusé dans l’épaisseur du mur, conduit à une petite pièce adjacente à la grande salle et aux latrines. La vaste salle devait, dans le projet initial, être la dernière et supporter la plate-forme supérieure, si l’on en juge d’après les colonnes demi-engagées dans les murs, qui traversent désormais le plancher du quatrième étage où se trouvent leurs chapiteaux.

 

Néanmoins, la décision de créer cet étage supérieur a certainement été prise très tôt, car la salle du quatrième étage est pourvue d’une cheminée monumentale et de latrines. Comme l’a souligné François de Fossa : "Il y a tout lieu de croire que cette disposition a été changée au cours même de la construction et qu’il y a eu, à ce moment, un repentir."

 

Selon une tradition, la salle du quatrième étage aurait vraisemblablement servi de chapelle à une époque tardive (XVIIIe ou XIXe siècle). Outre les chapiteaux de demi-colonnes, cette salle abrite le mécanisme de l’horloge, "faite par Pépin, horloger à Paris, (en) 1768" et implantée à la Tour du Village en 1818. C’est à cette date que remonte le campanile qui domine la façade sud de la tour.

 

Il a été construit pour y installer la cloche commandée par Charles V en 1369 et qui sonnait les heures au-dessus du cabinet de travail du roi, au Châtelet. Deux cloches beaucoup plus petites lui avaient été adjointes à la Tour du Village, l’une sonnant les demi-heures, l’autres les quartes. Comme l’indiquent leurs inscriptions, elles ont été fondues "l’an 1819, par Lepaute, horloger".

 

Le nom de Lepaute figure sur les deux cadrans, mais avec des dates différentes, l’un 1768, l’autre 1818. Au début des travaux, un seul cadran avait été prévu, sur la cour du château, destiné aux militaires, mais les habitants de Vincennes en réclamèrent un du côté de la ville, d’où l’installation d’un second cadran sur le côté nord de la tour en 1822.

 

Le niveau des combles précède la plateforme qui couronne la tour , d’où l’on bénéficie d’une vue particulièrement intéressante sur le château et sur la ville de Vincennes. Cette plate-forme est relativement récente puisqu’elle ne date que des travaux de restauration de 1858. Jusqu’à cette date, et depuis le règne de Louis XIIII, le couronnement de la Tour du Village consistait en un toit à double pente. Comment se présentait-il au temps de Charles V ? Les documents ne permettent pas de le définir avec précision.

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Uploaded on June 23, 2015
Taken on June 22, 2015