Maison et Ferme du Jas de Bouffan (Cézanne - R600)
Huile sur toile, 60 x 73 cm, 1887.
Pour Cézanne, le mur se rapproche de l'horizontale. S'il n'a pas transformé la perspective, il a réalisé une peinture où il joue avec la dynamique de la vision, empruntant en partie au motif et créant en partie une tension supplémentaire par ses propres procédés. L'inhabituelle congestion au centre, avec ses diagonales équilibrées et son assemblage complexe de plans, évoque de petites porcheries. Ce centre dense confère au tableau un rythme de compression et de relâchement. C’est comme si, en l’absence d’une ligne de démarcation nette, Cézanne avait choisi d’ancrer et de concentrer notre regard en enregistrant scrupuleusement la confusion qui règne dans l’espace entre la maison et la ferme.
Mais il a aussi joué avec notre perception de l’espace en prenant la petite ferme à droite avec ses murs qui s’écartant du spectateur et en la présentant telle qu’il la voyait, de face, avec toute l’ambiguïté troublante qu’elle suscite. Ce mouvement vertigineux vers l’extérieur capte et déconcerte le regard, mais ne signale pas une conception nouvelle et arbitraire de l’espace et reconnaît avoir pris une liberté inhabituelle avec les verticales, en inclinant toute la scène dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.
La raison principale de cette inclinaison réside sans doute dans la tension qu'elle confère à la toile. Cette inclinaison est suffisamment radicale pour être assumée, non pas de façon passive comme dans la plupart des tableaux de Gardanne, mais suggère un besoin chez le peintre d'une tension que le motif ne procure pas (cf. Pavel Machotka, Cézanne : Le paysage devient art).
Maison et Ferme du Jas de Bouffan (Cézanne - R600)
Huile sur toile, 60 x 73 cm, 1887.
Pour Cézanne, le mur se rapproche de l'horizontale. S'il n'a pas transformé la perspective, il a réalisé une peinture où il joue avec la dynamique de la vision, empruntant en partie au motif et créant en partie une tension supplémentaire par ses propres procédés. L'inhabituelle congestion au centre, avec ses diagonales équilibrées et son assemblage complexe de plans, évoque de petites porcheries. Ce centre dense confère au tableau un rythme de compression et de relâchement. C’est comme si, en l’absence d’une ligne de démarcation nette, Cézanne avait choisi d’ancrer et de concentrer notre regard en enregistrant scrupuleusement la confusion qui règne dans l’espace entre la maison et la ferme.
Mais il a aussi joué avec notre perception de l’espace en prenant la petite ferme à droite avec ses murs qui s’écartant du spectateur et en la présentant telle qu’il la voyait, de face, avec toute l’ambiguïté troublante qu’elle suscite. Ce mouvement vertigineux vers l’extérieur capte et déconcerte le regard, mais ne signale pas une conception nouvelle et arbitraire de l’espace et reconnaît avoir pris une liberté inhabituelle avec les verticales, en inclinant toute la scène dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.
La raison principale de cette inclinaison réside sans doute dans la tension qu'elle confère à la toile. Cette inclinaison est suffisamment radicale pour être assumée, non pas de façon passive comme dans la plupart des tableaux de Gardanne, mais suggère un besoin chez le peintre d'une tension que le motif ne procure pas (cf. Pavel Machotka, Cézanne : Le paysage devient art).