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Oeillets, mimosas, manche

Le travail du mardi matin...tout en écoutant Jacques le mari de Marie, parler de sa peinture et de sa sculpture. Intéressant ce qu'il dit, mais j'ai du mal avec le résultat. Il est décevant par rapport à ce qu'il raconte. Il manque quelque chose, comme si un ressort était cassé. Et ça me fait chagrin pour lui. Il n'aime pas Renoir, alors que Renoir chante la vie et fait chanter les couleurs. Il n'aime pas trop Hugo, alors que Hugo dit des choses humanistes profondes et qu'il a une culture immense historique, politique et humaine tout simplement. Quel contraste avec Marie qui semblait si pleine de vitalité, de joie, d'espièglerie...La peinture n'est pas seulement de la couleur bien posée, c'est aussi aller à la rencontre de l'âme des choses, l'âme des gens, l'âme des lieux qu'on peint, c'est rendre cette vibration particulière, unique qui amène à se dire: il, elle est là, ce lieu je le reconnais dans mon intériorité, cette scène, ils existent pour moi dans leur quintessence. La peinture, l'art en général, c'est tenter d'en laisser une trace vivante et immortelle. Quelque chose qui transcende l'espace et le temps et la vie elle-même. Et savoir en même temps que tout ce qui nous pousse, ne nous appartient pas. Ca vient de bien plus loin que nous...là où tout est harmonie. Et c'est ce que maladroitement nous tentons de recréer. Cet infini harmonieux, cet instant où tout était parfait...Notre âme sait ça depuis toujours. Et c'est parce qu'elle en a gardé la mémoire qu'elle est poussée à créer, à raconter cette harmonie hors du temps.

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Uploaded on March 4, 2025
Taken on March 4, 2025