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Ramaria cinereocarnea R.H. Petersen / Ramaire rose cendré

= Ramaria crassoroseola Y. Lamoureux ined.

 

YL1745 (CMMF).

Saint-Bruno-de-Montarville (Montérégie), 11 août 1992.

Habitat: au bord d’un lac, sur sol calcaire, sous chênes rouges, hêtres et érables à sucre.

Un seul basidiome présent.

 

Cette ramaire est unique par la combinaison des caractères suivants: sa belle coloration rosé pâle, ses rameaux aux pointes concolores ou plus pâles, et ses spores striées (typiques du sous-genre Ramaria).

 

Même si je n’ai pu faire une description complète de cette espèce, n’ayant sous la main que cet unique basidiome, on se rend vite compte qu’elle ne semble pas décrite. Cette espèce est listée dans l’Index de Mycoquébec depuis le tout début, mais sans photo ni description. Espérons que cette récolte aidera à la faire connaître.

 

L’année suivant la récolte, j’ai revu l’espèce au même endroit... et au même stade de développement! Le spécimen était identique et je l’ai donc laissé sur place. Je savais au moins que sa couleur semblait constante. Toutefois, je n’ai jamais eu l’occasion de retourner sur le site pour récolter un basidiome mature.

 

Cela dit, même s’il n’a pas été possible de décrire l’espèce en respectant les “standards modernes”, incluant les réactions macrochimiques et les caractères microscopiques, les caractères observés sont amplement suffisants pour affirmer que l’espèce est “nouvelle”. Elle se rapproche de Ramaria strasseri, mais cette espèce ne serait jamais de cette couleur. De même pour R. cinereocarnea, traduit dans l'Index par Ramaire gris carné, mais dont le nom français devrait être Ramaire à chair cendrée (la chair est blanche et grisonne à la coupe).

 

Dans la littérature consultée, il n’existe aucune ramaire rosée à spores striées et à pointes concolores aux rameaux. Ces caractères suffisent donc à ce que l’espèce soit nommée à titre provisoire.

 

Si un mycologue expérimenté a l’occasion de trouver cette espèce, et qu’il consulte Mycoquébec, nul doute qu’il la reconnaîtra. Il pourra toujours compléter la description, surtout s’il a la chance de trouver plusieurs basidiomes à la fois, dont un à maturité! C’est la raison pour laquelle je présente cette collection aujourd’hui, 21 ans après la récolte.

 

Autre caractère intéressant, très rares sont les lacs au Québec où les rives sont peuplées uniquement de vieux hêtres et de vieux chênes centenaires. Je n’ai vu ce type d’habitat qu’au mont Saint-Bruno et au mont Saint-Hilaire. Dans ce milieu écologique particulier poussent une quantité impressionnante de ramaires, quoique moins distinctes que celle-ci.

 

QUELQUES NOTES SUR LE BASIDIOME RÉCOLTÉ

 

- Basidiome massif, d’environ 13 cm de hauteur et 14 cm de hauteur.

- Pied robuste, blanchâtre, peu radicant, de 6,5 cm de largeur.

- Rameaux rosés, à pointes concolores ou plus pâles.

- Odeur aigre, désagréable, aussi avec une composante fruitée.

- Saveur amarescente.

- Toutes les parties du basidiome jaunissent ou brunissent au toucher et se tachent d’ocre orangé par la sporée.

- Chair du pied marbrée, en alternance de zones blanches et gris violacé.

- Spores fusiformes, striées sur la longueur, 13-16 x ±4,5 µm.

 

OUVRAGES CONSULTÉS

 

BREITENBACH, J. & F. KRÄNZLIN, 1986. «Champignons de Suisse. Tome 2. Champignons sans lames (Hétérobasidiomycètes, Aphyllophorales, Gastéromycètes)». Mykologia, Lucerne, 412 p.

 

COKER, W. C., 1974 (2e éd.). «The club and coral mushrooms (Clavarias) of the United States and Canada.» Dover, New York, 209 p.

 

EXETER, R. L., L. NORVELL & E. CAZARES, 2006. «Ramaria of the Pacific Northwestern United States.» U. S. Department of interior bureau of land management, Salem district, Salem, 157 p.

 

PETERSEN, R. H., 1986. «Some Ramaria taxa from Nova Scotia.» Amer. J. Bot., 61: 1786-1811.

 

RAILLÈRE, M. & M. GANNAZ, 1999. «Les Ramaria européennes.» Féd. Myc. Dauphiné-Savoie, 176 p.

 

YL

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Uploaded on September 15, 2013
Taken on September 12, 2013