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Lepiota subincarnata J.E. Lange (A) / Lépiote incarnate

= Lepiota josserandii

 

YL3974 (CMMF).

Montréal, 12 octobre 2005.

Habitat: dans la pelouse et sous les aiguilles de conifères, sur sol enrichi, en terrain ouvert.

Récolté par Raymond Archambault. Identifié par Renée Lebeuf.

 

Cette petite lépiote potentiellement mortelle a causé un empoisonnement grave l'année où elle a été découverte au Québec, en 2005, à la mi-octobre. L'espèce avait déjà été trouvée responsable d'une intoxication mortelle dans l'État de New York, quelques années auparavant.

 

Lepiota subincarnata croît dans les pelouses et autres milieux ouverts sur sol enrichi. Au Québec, la patiente, qui s'en est tirée avec une dialyse (elle est passée très près de la greffe de reins!), avait cueilli «son repas» sur le terrain de sa voisine qui lui aurait dit: «Je ramasse des Marasmes des Oréades dans mon gazon. C'est très bon. Tu peux venir en prendre si tu veux». Ce que la voisine fit…

 

Cela est survenu à Otterburn Park, en Montérégie. Un médecin de l'hôpital Charles-Lemoyne m'a fait parvenir des champignons frais provenant de la même pelouse. Je les ai identifiés «Lepiota josserandii».

 

Fait intéressant, dans la même semaine, l’espèce a été trouvée en grande quantité par Raymond Archambault et Renée Lebeuf dans un parc, à Montréal. C'est d'ailleurs de là que provient la récolte ci-dessus, Raymond ayant eu la gentillesse de me conduire au site de récolte. Les exemplaires ont été photographiés sur le terrain par Renée Lebeuf. Elle est également parvenue au nom de L. josserandii en identifiant l’espèce.

 

DESCRIPTION (RÉCOLTE YL3974)

Chap. 2-7 cm, d’abord finement fibrilleux, rose vineux à pourpré, en se déployant devenant soit couvert d’écailles rosées à rougeâtres sur fond blanc (la chair), soit crème rosé et plus ou moins fibrilleux (si la cuticule piléique est très peu rompue).

Pied 3-7 x 0,4-1 cm, à fibrilles blanchâtres sur fond vineux brunâtre, habituellement orné d’une zone annuliforme, mais jamais annelé.

Chair blanche, avec l’âge rouge-brun près des parois du pied (vues en coupe).

Lames crème, libres, serrées, larges.

Odeur bien distincte dans les lames, mais variable selon les exemplaires: fruitée (rappelant les oranges) ou de bois de conifère fraîchement coupé, puis après la sporulation devenant désagréable, alcaline.

Voile partiel blanchâtre, fragile, jamais vraiment membraneux, laissant au plus une zone annuloïde sur le pied.

 

Sp. dextrinoïdes, ellipsoïdes-phaséoliformes, à pore non visible, (6) 6,5-7 (7,5) µm x 3,5 (4) µm.

Épicutis formé par des hyphes à cellules très longues (certaines atteignant plus de 200 µm), de 5-13 µm de diamètre, plus ou moins flexueuses, bouclées, à pigment à la fois extrapariétal et intracellulaire.

 

KOH 10 %, sur chapeau (cuticule): olivâtre;

KOH %, sur chair et pied: jaunâtre.

 

Espèce habitant les pelouses et la litière de conifères plantés dans les pelouses, parfois même cachée sous les jeunes arbres.

 

On pourrait peut-être confondre les exemplaires écailleux de Lepiota subincarnata avec L. cristata, mais cette dernière est plus petite et elle dégage une odeur typiquement désagréable, nettement aigre, alliacée.

 

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OUVRAGES CONSULTÉS

 

BON, M., 1993. «Flore mycologique d'Europe. 3. Les lépiotes. Lepiotaceae Roze.» Doc. Mycol., Mémoire hors série no 3. Association d'écologie et mycologie, Lille, 153 p.

 

BREITENBACH, J. & F. KRÄNZLIN, 1995. «Champignons de Suisse. Tome 4. Champignons à lames. 2ème partie. Entolomataceae, Pluteaceae, Amanitaceae, Agaricaceae, Coprinaceae, Bolbitiaceae, Strophariaceae.» Mykologia, Lucerne, 371 p.

 

CANDUSSO, M. & G. LANZONI, 1990. «Lepiota s. l.» Fungi Europaei 4, Giovanna Biella, Saronno, 743 p.

 

KNUDSEN, H. & J. VESTERHOLT (Éd.), 2008. «Funga nordica. Agaricoid, boletoid and cyphelloid genera.» Nordswamp, Copenhagen, 966 p.

 

KÜHNER, R. & H. ROMAGNESI, 1953. «Flore analytique des champignons supérieurs (agarics, bolets, chanterelles).» Masson, Paris, 556 p.

 

MOSER, M., 1983. «Keys to agarics and boleti (Polyporales, Boletales, Agaricales, Russulales).» Gustav Fischer, Verlag, 535 p.

 

YL

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Uploaded on October 4, 2008
Taken on June 25, 2018