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Lactarius depressus Thiers & A.H. Sm. (A) / Lactaire déprimé

= Lactarius circellatoides Y. Lamoureux ined.

= L. aff. blennius Y. Lamoureux

 

YL3472 (CMMF).

Sainte-Julienne (Lanaudière-Sud), le 25 août 2000.

Habitat: sur sol calcaire, sous feuillus divers (hêtre, ostryer, érable, chêne, etc).

 

TEXTE ORIGINAL, FONDÉ SUR MES NOTES DE L'AN 2000,

NON MIS À JOUR.

VOYEZ L'ADDENDUM DU 8 JUILLET 2017 À LA FIN.

 

Ce lactaire grisâtre n’a pas été facile à nommer. Si l’on suit les clés de Hesler et Smith (1979), on parvient à Lactarius circellatus var. borealis, mais ni la description ni les photos en noir et blanc ne concordent bien à cette récolte.

 

Dans la monographie européenne de Heilmann-Clausen et collab. (1998), on parvient à l'aide des clés au taxon Lactarius blennius Fr. Quelques photos illustrent des basidiomes fortement guttulés, mais aussi une collection de champignons plus pâles et non guttulés. Ces derniers ressemblent passablement à notre récolte, sans toutefois montrer les taches vineuses apparemment toujours présentes chez l'entité américaine. L'odeur fruitée et la couleur saumonée des lames sont indiquées dans la description du L. blennius européen.

 

Nous avons revu cette espèce deux fois en août 2015, une bonne douzaine de basidiomes, lors de deux sorties du Cercle des mycologues de Montréal. Cela dans la même station que la collection illustrée ci-dessus, ce qui permet d'affirmer que la description de L. blennius en Europe ne concorde pas très bien à notre entité. Ne serait-ce que par l'absence constante de guttules sur le chapeau, ainsi que par sa couleur non olivacée.

 

Cela dit, on sait maintenant que les récoltes nommées "circellatus" ou "blennius" en Amérique ne sont pas conspécifiques avec les collections européennes (espèces telles que décrites par Fries).

 

Comme nous ne connaissons l'espèce illustrée ci-dessus que d'une seule station, où elle pousse en août (à Sainte-Julienne, Lanaudière), il semble préférable de la considérer distincte pour le moment, toutefois sans l'affubler d'un nom provisoire. Nous la présentons ici dans le but d'encourager sa recherche.

 

Voici mes notes qui complètent la photo:

Lactaire poussant en grand nombre (environ 30 à 40 basidiomes), dans une forêt mêlée de feuillus, surtout de chênes et de hêtres, aussi en présence d'ostryers, suivant la bordure d’un chemin forestier, sur sol plutôt sablonneux et rocailleux.

 

Chapeau grisâtre, de forme irrégulière, avec des tâches vineuses semblant être causées par des insectes, viscidule, glabre sauf un peu fibrilleux à l’extrême marge (loupe), orné d’une ou deux zones étroites au pourtour. Vieux exemplaires laissés sur place à chapeau atteignant 12 cm de diamètre.

Lames crème rosé à saumonées, très serrées. Lait blanc, vite âcre, immuable, jaunissant ou verdissant en séchant sur les lames.

Sporée crème rosé (D).

Pied concolore, viscidule (vite sec), parfois scrobiculé, taché de jaune sur quelques-uns des exemplaires.

Odeur fruitée.

 

Microscopie:

Cuticule: un ixocutis avec des incrustations.

Macrocystides présentes.

Spores petites, ellipsoïdes, 6,5-8 x 5-6 µm, ornées principalement de crêtes et aussi de rares verrues isolées, zébrées à subréticulées. Hauteur des ornementations: 0,75-1 µm.

 

Macrochimie:

KOH 10 %: jaune sur le chapeau; roux sur les endroits déjà jaunis sur le pied.

 

Les espèces européennes L. fluens et L. circellatus semblent également assez proches. Il existe également d'autres entités américaines dans ce groupe décrites par Hesler et Smith (op. cit.), mais la plupart à partir d'une seule récolte, et aucune d'elles ne semblent correspondre à notre collection.

 

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OUVRAGES CONSULTÉS

 

HEILMANN-CLAUSEN, J., A. VERBEKEN & J. VESTERHOLT, 1998. «The genus Lactarius.» Fungi of Northern Europe — Vol. 2. Svampetryk, Mundelstrup, 287 p.

 

HESLER, L. R. & A. H. SMITH, 1979. «The North American species of Lactarius.» Univ. Michigan Press, Ann Arbor, 841 p.

 

YL

 

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ADDENDUM, 8 JUILLET 2017

 

Ce sont les taches vineuses sur le chapeau qui me bloquaient ici. Mais à l'aide du site web MyCoPortal, j'ai eu accès aux notes originales de Smith et de Hesler; ils décrivaient ces taches "cinnamon". Toutefois, c'est avant tout la deuxième collection qui m'a permis de mieux connaître la variabilité de l'espèce, donc d'interpréter différemment certains détails de la description originale (Hesler et Smith, 1979), en comparaison avec mes propres notes.

 

Voyez la photo ci-dessous, ainsi que les commentaires.

YL

 

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Uploaded on September 16, 2008
Taken on May 28, 2018