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Tours, Indre-et-Loire: Hôtel Mame, ou Lefebvre de Montifray, 1768, Meusnier Pierre architecte, Monuments historiques 1992 / Espace Études Marketing

Cet hôtel particulier a été construit de 1768 à 1770 par l'architecte Pierre Meusnier pour Gilles Lefebvre, marchand tourangeau. Il a été racheté en 1834 par Ernest Bidault et acquis en 1872 par Alfred Mame, imprimeur-éditeur, qui lui a donné son nom. L'hôtel se compose de trois bâtiments élevés autour d'une cour rectangulaire : l'hôtel entre cour et jardin, les communs et une construction du 19e siècle. Le bâtiment principal présente un corps central à quatre pilastres à chapiteaux corinthiens, et un fronton rompu dont la base s'orne d'une figure allégorique du commerce. Les fenêtres sont encadrées de chambranles moulurées à crossettes avec, sur les clés, des décorations en rocaille. Le bâtiment des communs est traité dans le même esprit, mais au décor plus simple. A l'intérieur, le grand escalier est muni d'une rampe en fer forgé et bronze. Cette rampe présente, au centre de chacun de ses panneaux, dans un encadrement de rinceaux et de guirlandes, des scènes de chasse en bronze avec chiens, sangliers, oiseaux... Au rez-de-chaussée, trois pièces sont ornées de boiseries. (inventaire Mérimée)

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Alfred Henri Amand Mame, né le 17 août 1811 à Tours où il est mort le 12 avril 1893, est un imprimeur et éditeur français.

 

Dans le dernier quart du xviiie siècle, le fondateur de l’entreprise Mame, Charles Mame, imprimait deux journaux à Angers, le général Hoche avait à un moment espéré épouser sa fille. Son fils aîné, libraire et éditeur à Paris, publia des ouvrages de Germaine de Staël, mais les tracasseries de la police napoléonienne causèrent sa ruine. Il se vengea en publiant, aux derniers jours de l’Empire, le célèbre libelle de Chateaubriand De Buonaparte et des Bourbons. Son troisième fils, Amand Mame, fonda à Tours une entreprise Mame qui, sous la direction d’Alfred Mame, son fils, était promise à un bel avenir.

 

Après avoir édité, en collaboration avec son cousin Ernest Mame, de 1833 à 1845, quelques ouvrages classiques et quelques livres de piété, Alfred conçut et réalisa, pour la première fois, l’idée de réunir dans la même maison éditrice, un certain nombre d’ateliers où seraient regroupées toutes les industries liées à la réalisation de livres : impression, reliure, vente, et d’expédition. Par analogie avec la grande usine sidérurgique du Creusot, l’entreprise Mame fut appelée le «Creusot» littéraire. Mame publia les livres de la Bibliothèque de la jeunesse chrétienne. Le livre La Touraine fut exposée à l’Exposition universelle de 1855 et a été le livre le plus richement illustré de son temps4. On trouve également parmi le catalogue de l’entreprise la Bible avec des illustrations de Gustave Doré le Charlemagne de Alphonse-Anatole Vetault, le Saint-Louis de Wallon, les Chefs d’œuvres de la langue française.

Mame était aussi l’un des principaux propriétaires des papeteries de La Haye-Descartes (dont il été l'un des fondateurs avec Ernest Mame, Henri et Eugène Goüin, Charles de Montgolfier et Hettere), et on pouvait donc dire qu’un livre, à partir du moment où les chiffons étaient transformés en papier jusqu’au moment où on procédait à la dernière reliure, passait entre les mains d’une suite d’ouvriers qui dépendaient tous de Mame, voir reliure industrielle. Quotidiennement, depuis 1865, il sortait de la maison d’édition trois à quatre mille kilos de livres. De 600 ouvriers en 1848, Mame en employa 1200 en 1862 puis 1500 en 18666.

Inspiré par l’idéal social catholique, Alfred Mame créa pour ses employés une caisse de retraite pour les plus de soixante ans3, entièrement financée par l’entreprise. Il ouvrit des écoles, ce qui lui valut de recevoir un des prix de dix mille francs réservés aux «établissements modèles où régnaient au plus haut degré l’harmonie sociale et le bien-être des ouvriers». En 1874, il organisa un système par lequel ses ouvriers participaient aux profits de l’entreprise.

En 1853, la maison Mame publiait six millions de volumes par an dont trois étaient des livres reliés. Mame essaya à un moment, mais sans succès, d’entrer dans la vie politique. Il se présenta aux élections législatives du 14 octobre 1877 dans le premier arrondissement de Tours comme candidat conservateur à la Chambre des députés, contre Antoine Dieudonné Belle, le député républicain qui avait fondé à Tours la première école laïque pour les filles. Mame fut battu par 7456 voix contre 12006.

En 1858, la famille Mame se rend en vacances à Luchon, dans les Pyrénées. Les accompagne un jeune ami, Alfred Tonnellé, qui se découvre alors une vocation fulgurante de pyrénéiste : il se lance dans l’exploration des sommets de la région, réalise la première ascensionde la Forcanada, puis explore les montagnes du haut Aragon, enfin le reste de la chaîne pyrénéenne vers l’Est. Il rédige un journal de voyage qui est une des œuvres majeures du pyrénéisme, avant de mourir d’une typhoïde, à vingt-six ans. Ce journal et d’autres ouvrages de Tonnellé seront publiés par les éditions Mame.

À la mort d’Alfred, un des fils, Paul Mame (1833-1903), resta à la tête de l’entreprise jusqu’en 1900.

(Wikipedia)

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Uploaded on April 13, 2012
Taken on April 10, 2012