Des châteaux dans l'ancien comté d'Astarac
Seissan
Astarac. Château de Seissan (act. comm. Seissan, Gers), juillet 2019.
« Le castrum de Seissan est cité en 1266 lorsque l’abbé de Faget, qui en est le seigneur, accepte de le placer sous la protection du comte d’Astarac Bernard II, en conférant à ce dernier les avantages de seigneur paréager (Jean-Justin Monlezun, Histoire de la Gascogne, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, Auch, Brun Libraire-Editeur, 1849, t. 6, p. 199-201). Il s’agit en fait d’un castelnau de forme circulaire, implanté à la confluence du Gers et d’un petit ruisseau de rive gauche ; le château seigneurial, dont il subsiste une tour, occupait le centre de l’enceinte fortifiée. Le cadastre de 1761 montre qu’au XVIIIe siècle cette structure féodale était pour l’essentiel demeurée intacte, sous le nom de château, au milieu d’une bastide qui s’était développée selon des axes orthogonaux (Arch. dép. Gers, C 228). Les maisons du château étaient encore alors disposées en cercle, donnant d’un côté sur les “murailles du fossé”, de l’autre sur le chemin annulaire qui entourait le donjon seigneurial. » (Benoît Cursente, Les castelnaux de la Gascogne médiévale : Gascogne gersoise, Bordeaux, Fédération historique du Sud-Ouest, 1980, p. 152). « [La] tour de plan carré, mesurant 5,80 m de côté et 24 m de haut, occupe le centre de l’enceinte fortifiée du castrum de Seissan. Elle est bâtie en moyen appareil fait de moellons de molasse bien taillés formant des assises régulières jusqu’à mi-hauteur où les moellons utilisés deviennent irréguliers. Ce changement traduit une reprise bien visible entre le premier et le deuxième étage sur la façade occidentale. Au rez-de-chaussée de la tour, la pièce voûtée en berceau était accessible par une trappe pratiquée dans la voûte avant qu’une porte ne soit ouverte sur la façade E permettant de communiquer directement avec le rez-de-chaussée de la salle. A ce niveau, l’épaisseur des murs atteint 1,75 m. Seul un jour ouvert sur la façade N permettait d’aérer cette pièce. Alors que le rez-de-chaussée était réservé au stockage, les étages pouvaient avoir une fonction résidentielle comme en témoigne l’existence de latrines au deuxième étage. Du côté S, un jour chanfreiné vers l’intérieur éclairait chaque étage dont les planchers reposaient sur des retraits du mur. Un bâtiment communal, accolé à la façade E de la tour, a remplacé l’ancien logis seigneurial. Les arrachements visibles sur cette façade montrent que le logis comprenait un étage unique alors que la tour comporte cinq niveaux. » (Nicolas Guinaudeau, Fortifications seigneuriales et résidences aristocratiques gasconnes dans l’ancien comté d’Astarac entre le xe et le xvie siècle, thèse de doctorat d’Histoire médiévale, Université Montaigne-Bordeaux III, 2012, p. 400). En 1759, l’abbé de Faget demande la démolition du logis à M. d’Etigny l’intendant d’Auch en raison de son état : « Le château étoit autrefois l'habitat de celui qui étoit pourvu de l’abbaye de Faget, seigneur de l’endroit. Il est inhabitable et délabré, au point qu’il n’y reste plus que deux ou trois chambres qui menacent ruine, et quelques greniers le tout en très mauvais état » (Arch. dép. Gers, C 13). Les abbés avaient alors fait bâtir le château épiscopal de Faget-Abbatial pour remplacer le château de Seissan devenu inutile. Bien que la demande soit acceptée, l’intendant d’Auch précise que le droit des habitants de recevoir une collation dans le château par l’abbé le jour de la Toussaint devra être respecté, pouvant expliquer la conservation de la tour, symbole de pouvoir seigneurial des abbés de Faget.
Seissan
Astarac. Château de Seissan (act. comm. Seissan, Gers), juillet 2019.
« Le castrum de Seissan est cité en 1266 lorsque l’abbé de Faget, qui en est le seigneur, accepte de le placer sous la protection du comte d’Astarac Bernard II, en conférant à ce dernier les avantages de seigneur paréager (Jean-Justin Monlezun, Histoire de la Gascogne, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, Auch, Brun Libraire-Editeur, 1849, t. 6, p. 199-201). Il s’agit en fait d’un castelnau de forme circulaire, implanté à la confluence du Gers et d’un petit ruisseau de rive gauche ; le château seigneurial, dont il subsiste une tour, occupait le centre de l’enceinte fortifiée. Le cadastre de 1761 montre qu’au XVIIIe siècle cette structure féodale était pour l’essentiel demeurée intacte, sous le nom de château, au milieu d’une bastide qui s’était développée selon des axes orthogonaux (Arch. dép. Gers, C 228). Les maisons du château étaient encore alors disposées en cercle, donnant d’un côté sur les “murailles du fossé”, de l’autre sur le chemin annulaire qui entourait le donjon seigneurial. » (Benoît Cursente, Les castelnaux de la Gascogne médiévale : Gascogne gersoise, Bordeaux, Fédération historique du Sud-Ouest, 1980, p. 152). « [La] tour de plan carré, mesurant 5,80 m de côté et 24 m de haut, occupe le centre de l’enceinte fortifiée du castrum de Seissan. Elle est bâtie en moyen appareil fait de moellons de molasse bien taillés formant des assises régulières jusqu’à mi-hauteur où les moellons utilisés deviennent irréguliers. Ce changement traduit une reprise bien visible entre le premier et le deuxième étage sur la façade occidentale. Au rez-de-chaussée de la tour, la pièce voûtée en berceau était accessible par une trappe pratiquée dans la voûte avant qu’une porte ne soit ouverte sur la façade E permettant de communiquer directement avec le rez-de-chaussée de la salle. A ce niveau, l’épaisseur des murs atteint 1,75 m. Seul un jour ouvert sur la façade N permettait d’aérer cette pièce. Alors que le rez-de-chaussée était réservé au stockage, les étages pouvaient avoir une fonction résidentielle comme en témoigne l’existence de latrines au deuxième étage. Du côté S, un jour chanfreiné vers l’intérieur éclairait chaque étage dont les planchers reposaient sur des retraits du mur. Un bâtiment communal, accolé à la façade E de la tour, a remplacé l’ancien logis seigneurial. Les arrachements visibles sur cette façade montrent que le logis comprenait un étage unique alors que la tour comporte cinq niveaux. » (Nicolas Guinaudeau, Fortifications seigneuriales et résidences aristocratiques gasconnes dans l’ancien comté d’Astarac entre le xe et le xvie siècle, thèse de doctorat d’Histoire médiévale, Université Montaigne-Bordeaux III, 2012, p. 400). En 1759, l’abbé de Faget demande la démolition du logis à M. d’Etigny l’intendant d’Auch en raison de son état : « Le château étoit autrefois l'habitat de celui qui étoit pourvu de l’abbaye de Faget, seigneur de l’endroit. Il est inhabitable et délabré, au point qu’il n’y reste plus que deux ou trois chambres qui menacent ruine, et quelques greniers le tout en très mauvais état » (Arch. dép. Gers, C 13). Les abbés avaient alors fait bâtir le château épiscopal de Faget-Abbatial pour remplacer le château de Seissan devenu inutile. Bien que la demande soit acceptée, l’intendant d’Auch précise que le droit des habitants de recevoir une collation dans le château par l’abbé le jour de la Toussaint devra être respecté, pouvant expliquer la conservation de la tour, symbole de pouvoir seigneurial des abbés de Faget.