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Née face à la décharge

Diego Suarez (Madagascar) - J’ai été très impressionné par la décharge publique de Diego Suarez : www.flickr.com/photos/156294418@N02/55017137156/in/datepo...

 

Le lendemain, je n’avais qu’une envie : y retourner. J'aurais souhaité ne pas être trop intrusif en imposant ma présence et mon appareil photo. C’est pourtant ce que j’ai fait toute ma vie professionnelle. Mais là, personne ne m’avait demandé d’y retourner. Pourtant, si personne ne documente cette réalité, qui le fera ? On ne vient pas à Diego Suarez pour visiter les décharges publiques. Aucun touriste n’y met jamais les pieds.

 

Estimant que c'était là que je pouvais toucher du doigt, une certaine réalité malgache, j’y suis retourné en scooter par la même route défoncée, en zigzaguant pour d'éviter les nombreuses ornières. J’ai eu la chance de bénéficier d’une lumière assez inattendue. Un ciel couvert, mais qui laissait parfois filtrer le soleil, agissant comme un diffuseur, limitant les forts contrastes, malgré l’heure avancée.

Que vient faire ce portrait, alors que je parle d'une déchèterie à ciel ouvert ? Cette jeune femme est installée face à la décharge, de l’autre côté de la piste en terre, à moins de quinze mètres. Elle est devant chez elle, pour vendre ses fruits. C’est son environnement habituel. C’est là qu’elle est née, et c'est probablement là qu’elle mourra, de maladies respiratoires. Et sa beauté n'y pourra rien.

 

 

Diego Suarez (Madagascar) - I was very impressed by the Diego Suarez landfill: www.flickr.com/photos/156294418@N02/55017137156/in/datepo...

The next day, I had only one desire: to go back. I wished I hadn't been too intrusive by imposing my presence and my camera. Yet that's what I've done my entire professional life. But this time, no one had asked me to return. However, if no one documents this reality, who will? People don't come to Diego Suarez to visit the landfills. No tourist ever sets foot there.

Believing that this was where I could get a feel for a certain Malagasy reality, I returned by scooter along the same potholed road, zigzagging to avoid the many ruts. I was fortunate enough to benefit from some rather unexpected light. An overcast sky, but one that occasionally let the sun filter through, acting like a diffuser, softening the harsh contrasts, despite the late hour.

What is this portrait doing here, when I'm talking about an open-air landfill? This young woman is sitting opposite the dump, on the other side of the dirt track, less than fifteen meters away. She's in front of her house, selling her fruit. This is her usual environment. It's where she was born, and it's probably where she'll die, from respiratory illnesses. And her beauty won't change that.

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Uploaded on January 10, 2026
Taken on November 17, 2025