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Commerce de rue

Fort-Dauphin (Madagascar) - Une photo prise sur le marché de Fort-Dauphin. Une scène parmi des dizaines, pour ne pas dire des centaines, stockées dans les archives et qui à part moi, ne sont vues par personne. Non que cette photo pêche par un défaut technique ou de composition, mais elle illustre la banalité de la vie. Trop peut-être ? Alors pourquoi l’avoir prise ? Il y a plusieurs raison. Elle résulte surtout d’une vieille habitude quand j’étais jeune pigiste pour des agences de presse. Plus on rapportait d’images, plus on avait de chance de vendre à des journaux ou des magazines. On disait à l'époque qu’avec 10.000 photos archivées en agence, rigoureusement sélectionnées, on générait environ 1.500 euros de revenus mensuels (conversion faire avec le franc de l’époque).

On faisait quasi systématiquement une horizontale pour espérer une double page et une verticale pour la pleine page. Il faut savoir qu’à l’époque ( aujourd’hui encore dans une moindre mesure) le tarif de la photo était calculé à la surface publiée. Une pleine page était payée 4 à 5 fois le prix d’un quart de page. Et la photo couleur était payée plus que le N&B.

Autre raison de la multiplication des vues, le tarif des duplicatas coûtaient très chers. On avait intérêt à doubler ou tripler à la prise de vue une photo qui nous semblait très bonne. On n’avait pas la possibilité de copier ses photos à l’infini comme on le fait avec le numérique.

Si on devait revenir à la photo argentique et aux coûts induits (un vrai appareil photo (pas de smartphone), films, développement, tirages, duplicatas etc. Le nombre de pratiquants ne se résumerait qu’aux véritables passionnés et on ne friserait pas quotidiennement l’overdose.

Autre raison pour avoir pris cette photo sans envisager de la publier, c’est une photo prise à la façon d’un musicien qui fait ses gammes pour se chauffer.

 

 

Fort-Dauphin (Madagascar) - A photo taken in the Fort-Dauphin market. A scene among dozens, if not hundreds, stored in the archives and which, apart from me, are seen by no one. Not that this photo suffers from a technical or compositional defect, but it illustrates the banality of life. Too much perhaps? So why took it? There are many reasons. It mainly results from an old habit when I was a young freelancer for press agencies. The more images we brought back, the more chance we had of selling to newspapers or magazines. It was said that with 10,000 archived photos, rigorously selected, we generated around 1,500 euros in monthly income (conversion made with the franc of the time).

We almost always made a horizontal one to hope for a double page and a vertical one for the full page. You should know that at the time (still today to a lesser extent) the price of photography was calculated on the surface area published. A full page was paid 4 to 5 times the price of a quarter page. And color photography was paid more than B&W.

Another reason for the multiplication of views, the price of duplicates was very expensive. We had an interest in doubling or tripling a photo that seemed very good to us when shooting. We did not have the possibility of copying our photos endlessly as we do with digital technology.

If we were to return to film photography and the costs involved (a real camera (no smartphone), films, development, prints, duplicates, etc. The number of practitioners would only come down to real enthusiasts.

Another reason for taking this photo without planning to publish it is that it is a photo taken like a musician practicing his scales to warm up.

 

 

 

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Uploaded on July 11, 2024
Taken on March 17, 2024