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La chapelle des Polonais -Cathédrale Notre-Dame du Havre

Dans la cathédrale Notre-Dame, nous trouvons dans le chœur, au bout du collatéral sud, la chapelle du Saint-Nom-de-Marie. Ce vocable a été créé en 1683, en l’honneur du grand Roi Jean III Sobieski, roi de Pologne, grand-duc de Lituanie, de la Prusse et de la Russie (etc.), qui fit célébrer une messe en l’honneur de Marie, Reine du Ciel, avant de lancer l’assaut des célèbres hussards ailés à Viennes, et battant ainsi les Ottomans (après ça les Autrichiens poignardaient la Pologne dans le dos). Cette chapelle fut aménagée dans les années 1770, sous le règne de Louis XVI, avec son autel et retable de style rocaille et annonçant l’arrivée du style néo-classique. Avec l’autorisation du pape, la Société du Saint-Nom-de-Marie eu son autel privilégié : les messes pour les morts fait à cet autel accordent une indulgence réduisant les séjours des âmes au purgatoire.

L’autel a été miraculé et a survécu à la Révolution. Le tableau d’origine fut remplacé par un nouveau en 1836, par une peinture à l’huile, sur toile, du peintre franco-polonais Sébastien de Norblin (dit Sobek) né à Warszawa.

 

Cet autel et son retable et le tableau commencent à se dégrader. La poussière a pas mal assombri la peinture, la dorure présente des lacunes et à certains endroits le bois est malade : une restauration sera plus que bienvenue.

 

L’autel et le retable sont peints avec une imitation de marbre. L’autel présente un buste de femme. Le retable est orné de vignes, blé, rameaux d’olivier, feuilles d’acanthes et de grenades. Un encensoir fumant orne la plate-bande au-dessus de la prédelle., sous le tableau. Nous trouvons deux statues entre les deux couples de colonnes corinthiens : saint Dominique (et son chien tenant un flambeau) et sainte Catherine de Sienne (avec la couronne d’épines). Le tableau central représente la Vierge à l’Enfant, la Vierge Marie écrasant le serpent sur le globe terrestre et adorée par des anges (symbole du Retour de Jésus et de la Victoire de Dieu contre Satan et de l’Eglise Triomphante). Jésus nous regarde, mais le romantisme polonais s’exprime via une femme au regard abattu. Certainement le regard des veuves polonaises dont le mari s’est fait massacrer par les Russes monstrueux (et aujourd’hui les Ukrainiens). Les paroles du chant Hej Sokoły ! font corps à se regard de la jeune femme slave qui a perdu par son mari assassiné par la Russie. Notre-Dame du Havre, martyr des bombardements de 1944, et aussi le lieu des martyrs Polonais et Ukrainiens (à l’image des connus comme saint Maximilien, assassiné par les Allemands à Auschwitz, et beaucoup d’autres inconnus, tués par la barbarie allemande et russe).

 

Dans cette chapelle nous trouvons la liste des curés, qui de nos jours n’a plus le prestige porté par des curés comme l’abbé de Clieu (curé pendant un demi-siècle) ou encore Messeigneurs Jean-Baptiste Duval et Eugène Julien (érudits et appréciés à leur époque par la population ; Eugène Julien participa à l’organisation des 400 ans du Havre). Dans cette chapelle se trouve aussi un caveau pour les évêques du Havre : y reposent Messeigneurs Michel Saudreau et Michel Guyard, premiers évêques du Havre.

 

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Uploaded on January 10, 2025
Taken on January 6, 2025